La surabondance d’information et surtout son immédiate accessibilité ont semble-t-il contribué à créer une explosion fantasmagorique sur le thème « 18365 conseils pour un CV parfait » !

On y découvre que, pour qu’un CV soit parfait, il faut :

  • des diplômes, des tas de diplômes, et surtout des MBA qui ouvrent toutes les portes du monde ; n’en déplaise à certains, mais un MBA de l’école supérieure de business de Wy-Dit-Joli-Village, s’il offre des perspectives estudiantines sympathiques, ne sera pas forcément valorisé sur le marché de l’emploi,
  • des expériences « stratégiques » ; mais encore une fois, tout le monde n’a pas vocation ni envie de devenir maître de l’univers stratosphérique,
  • des centres d’intérêt variés tels que « musique, cinéma, voyage, lecture » ; je ne crois pas avoir reçu un jour un CV qui ne mentionne pas au moins un de ces points ! En revanche, je me rappelle très bien n’avoir jamais reçu une personne dont le CV se contentait de préciser bêtement ces points.

Qu’il s’agisse de créer du contenu pour alimenter un jobboard, ou d’une surenchère démagogique tendant à démontrer qu’avec 15 conseils, un site est plus pertinent qu’un autre qui n’en a que 10, la logique n’en reste pas moins faussée dès l’origine du raisonnement.

Lorsque je reçois des candidats (qu’il s’agisse de candidats qui répondent à une offre d’emploi particulière ou de candidats que je rencontre en « courtesy »), je suis toujours étonné des comportements de chacun face aux CV. Cette remarque va de pair avec l’usage qui peut être fait par les recruteurs de ces fameux CV d’ailleurs… Mais peut être que je prendrai plaisir à aborder ce thème ultérieurement.

Etonné pour plusieurs raisons donc !

Tout d’abord, les candidats ont très souvent pour réflexe de sortir leur CV immédiatement. D’aucun y verront le besoin d’avoir à se rassurer dans un cadre des plus exigeant, et je peux le concevoir. Passons les détails formatés qui rendent l’entretien inintéressant (une lecture cursive du dit document par exemple…) pour en arriver à la conclusion immédiate.

En fin d’entretien, je considère qu’il est de la responsabilité du recruteur que de debriefer à chaud. Il ne s’agit pas de donner une réponse immédiate au candidat, évidemment. Il ne s’agit que de mettre en évidence ce qui a été utile et ce qui l’a moins été, afin de lui permettre de s’améliorer au fur et à mesure, mais aussi afin de me permettre de rendre plus consistante telle ou telle phase de la discussion. Cette phase de discussion appelle la sacro-sainte réplique du « Avez vous d’autres questions ? ». Et c’est très souvent sur cette seule question que je sais si j’enverrai une promesse d’embauche ou non.

La raison ?

Elle est simple, immédiate, prévisible, et se résume à un proverbe chinois je crois :

« Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt »

Ceux qui me demandent alors ce que j’ai pensé de leur CV, s’il faut ou non mettre une photo, s’il faut ou non mettre des logos, s’il faut ou non faire une mise en page originale, s’il faut ou non préciser les références, s’il faut ou non dire qu’ils font de la peinture sur coquillage en écoutant du hard rock joué par un orchestre philharmonique, et j’en passe et des meilleurs, ont juste oublié le principal.

Ce n’est pas, en entretien, le CV qui fait la différence, mais bien le candidat. A multiplier les conseils sur la façon dont on doit faire ou non un CV, l’objectif final est noyé dans un brouillard illisible et le candidat perdu dans des méandres de fausses questions. Evidemment, tout le monde s’entend à dire qu’il ne faut pas mettre une photo de soirée sur son CV. Mais faut-il pour autant que la question de la photo soit érrigé en thèse doctorale ?

Le seul conseil qui vaille, de mon point de vue, est de faire un CV qui soit représentatif de la personne, et qui soit intégralement assumé ainsi.

Et vous, qu’en pensez vous ?

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